idée lecture dytsopie : the book of ivy

Le vendredi, je lis de la dystopie

Lorsqu’on est conscient d’être manipulé, mais que ça fonctionne, peut-on encore appeler ça de la manipulation ?

Amy ENGEL.

Le mouvement #vendredilecture lancé sur Twitter est l’occasion de découvrir des livres à ajouter à votre PAL. Et comme je suis sympa, j’en profite à mon tour pour vous conseiller une joyeuse dystopie : The book of Ivy. En effet, quoi de mieux qu’une contre-utopie en période de crise sanitaire ponctuée d’interdits ? Un vendredi 13 en plus !

Je tiens à préciser avant tout que je ne suis pas chroniqueuse littéraire. Sur ce blog, je vous parle parfois de livres que j’ai aimés, lus par hasard pour la plupart en fonction de mon humeur du moment. Je vous partage des idées lectures en toute neutralité. Je n’ai pas de vlog littéraire sur YouTube et je ne suis pas bookgrammeuse partenaire d’une maison d’édition. Juste une lectrice en manque de lecteurs autour d’elle. J’affectionne tous les genres ou presque et mon manque de temps pour dévorer tout ce qui me fait envie est une de mes plus grandes frustrations.

Aujourd’hui donc, place à la littérature de l’imaginaire. Même si les sorties sont limitées, il n’est pas dit que le Covid nous empêchera de nous évader quelques heures (oui oui, vous avez bien lu, je dis LE Covid. Je ne vois pas pourquoi on le diaboliserait encore plus en féminisant le terme 🤪).

Ivy, une duologie dystopique

Petit rappel pour commencer : une dystopie met en scène une société imaginaire où le groupe prime sur l’individu et la dictature sur le libre arbitre. Le plus souvent cela se passe dans un monde futuriste au lourd passé (une catastrophe naturelle, une guerre … due à la déviance de l’être humain). La vie en collectivité a été forcée d’évoluer et le bonheur individuel n’est plus qu’une illusion face à la nécessité de survie du groupe et du maintien de l’ordre. Il existe une multitude de récits dystopiques que je ne pourrais pas citer ici. Cela va des vieux classiques comme 1984 de George Orwell et Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, aux plus populaires et récents Hunger Games de Suzanne Collins et La Servante Écarlate de Margaret Atwood. Il y a aussi des histoires à la croisée des genres entre dystopie post apocalyptique et science-fiction comme Les 100 de Kass Morgan.

Certains diraient que ce type de lecture est plus orienté vers les adolescents mais ne nous y trompons pas. Ce n’est pas pour rien que beaucoup sont adaptées au cinéma ou en série télévisée et rencontrent un vif succès. Si toutefois, vous voulez vous la jouer adulte, vous pouvez vous tourner vers le film Equilibrium (avec le séduisant Christian Bale) ou la minisérie Trepalium qui avait été diffusée sur Arte.

Bref, si vous affectionnez ce genre de fiction ou souhaitez découvrir cet univers, la duologie d’Ivy est un bon commencement.
L’histoire éditée chez Lumen se compose de deux tomes (d’où l’appellation duologie) : The book of Ivy et The revolution of Ivy. Parfait pour occuper votre week-end de confinement.

Les sublimes couvertures de Mélanie Delon

Certes, un livre ne se juge pas sur sa couverture mais soyons honnête. C’est bien la première chose que l’on remarque et qui détermine si oui ou non, on a envie de lire le 4ème de couverture. Ça et le titre. La couverture est une sorte de pacte passé entre le lecteur et l’auteur. Elle doit attirer par son originalité, livrer l’ambiance du roman au premier coup d’œil et donner envie d’en découvrir plus. Elle doit intriguer. Et il faut avouer que les deux ouvrages d’Ivy ne laissent pas indifférent.

Visuellement parlant déjà, les illustrations de Mélanie Delon sont magnifiques, que ce soit pour le premier ou le second tome. On identifie tout de suite le détail qui cloche : une mariée avec une arme blanche. Cachée dans son dos pour le premier, pointée devant elle dans le second. On a envie de savoir pourquoi, on se doute que ce n’est pas un mariage désiré. « Née pour trahir et faite pour tuer… ». Le ton est donné.
Mais pourquoi cette trahison ? Parle-t-on ici de vengeance ? De manipulation ? L’image incrustée dans le prénom de l’héroïne nous donne également un indice sur le lieu où se déroule l’histoire. Une ville ayant subi un cataclysme pour le tome 1, une forêt isolée pour le tome 2. La dystopie est immédiatement identifiée.
Après lecture de cette duologie, je peux confirmer que le contrat est respecté : les couvertures reflètent bien l’histoire et ce que l’on va y trouver.

Le récit fascinant d’Amy Engel

Amy Engel est américaine, a beaucoup voyagé et exercé le métier d’avocate. Puis elle a écrit son premier roman The book of Ivy. Édité en 2014, il a été traduit en France et si vous ne connaissez pas encore ce récit, il est temps de le lire.

Le tome 1 a été un véritable coup de cœur pour moi. Un de ceux qu’on lit d’une traite en une journée sans pouvoir le lâcher. J’ai découvert un texte avec une belle maturité. Il y a une vraie psychologie des personnages avec des questionnements justes de l’héroïne sans pour autant en faire des caisses.
Les scènes de rapprochement entre les deux protagonistes sont très bien décrites sans tomber dans le pathos à l’excès ou des images trop poétiques pour les prendre au sérieux. La romance est amenée intelligemment, il n’y a pas de raccourci facile ou d’incohérence temporelle. Je me suis vraiment laissée porter de bout en bout. Mon seul regret est que quelques coquilles se soient glissées dans un aussi joli texte.

J’ai trouvé le second tome plus lent, un peu moins prenant, mais la dernière partie rattrape le livre. Elle n’écarte pas les conséquences d’années de haine et la puissance des sentiments bafoués, le but d’une vie et la rancune envers ses ennemis. Elle reste crédible.
Tout au long des deux romans, l’auteure nous interroge mine de rien sur les bons et les mauvais côtés d’avoir son libre arbitre, ainsi que sur la nature des châtiments à appliquer en cas de crime.

En conclusion, je ne peux que vous inviter à plonger dans le monde d’Ivy dont je vous laisse ici quelques fragments :

  • « On ne peut pas légiférer sur l’amour. L’amour dépasse les graphiques, les diagrammes et les intérêts communs. L’amour c’est brouillon, c’est compliqué, et c’est une erreur de refuser sa magie aléatoire. »
  • « C’est l’amour qui nous choisit, qui se fiche bien de ce qui est pratique, facile ou planifié. L’amour a ses propres projets et tout ce que nous pouvons faire, c’est le laisser agir à sa guise. »
  • « Lorsqu’on est conscient d’être manipulé, mais que ça fonctionne, peut-on encore appeler ça de la manipulation ? »
  • « Je serais celle qui aura du sang sur les mains, et j’ignore si je pourrais jamais m’en débarrasser. »
  • « La vie n’est qu’une plaisanterie de mauvais goût après une autre, je commence à le découvrir. Car c’est injuste de souffrir autant une fois qu’on a enfin obtenu ce qu’on souhaitait. »
  • « […] le sommeil permet d’oublier, mais la douleur se réveille à l’aube, insoutenable, car pendant un bref instant, on ne se rappelle pas qu’on a souffert. »
  • « Lorsque le jour viendra où je ne me rappellerai plus exactement à quoi il ressemblait, où je ne me figurerai plus chaque expression de son visage, j’ignore s’il s’agira d’un immense soulagement ou d’une nouvelle forme de torture. »

2 réflexions sur “Le vendredi, je lis de la dystopie

  1. Bourrette Emilie

    Coucou, ton but était de nous partager une lecture que tu as aimé et de nous donner envie de la découvrir aussi. Ben pour ma part pari réussi, ça m’a donné très envie de découvrir cette duologie. Plus qu’à prendre le temps de le faire.

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    • Hello ! Je suis très heureuse d’apprendre que cela t’ai donné envie de découvrir l’histoire d’Ivy. J’avoue que, faute de temps, les dystopies j’ai plutôt tendance à les regarder en vidéo mais là ça faisait un bout de temps que les couv’ me faisaient de l’œil et j’ai adoré ! N’hésites pas si toi aussi tu as des lectures à me conseiller dans ce genre là 😉

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