Mes plus beaux livres de Sarah Pinborough

Lorsque l’on cherche une chose cachée, mieux vaut chercher d’abord quelqu’un qui cache quelque chose.

Sarah Pinborough

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de deux magnifiques livres objets qui trônent dans ma bibliothèque : La Maison des Morts et la trilogie des Contes des Royaumes de Sarah Pinborough. J’ai découvert cette autrice tout récemment et je dois avouer qu’il s’agit d’un véritable coup de foudre. Je me devais donc d’en parler ici pour tous ceux qui rencontrent des pannes de lecture.

Beaux livres de Sarah Pinborough – SOMMAIRE

Qui est Sarah Pinborough ?

Honnêtement, avant d’acheter ses livres par hasard, je ne savais pas qui était Sarah Pinborough. Puis, après avoir bien accroché en la lisant, je suis allée faire un tour sur la toile par curiosité où j’ai appris qu’elle était une romancière anglaise célèbre. Apparemment, elle s’est illustrée dans l’écriture de fantasy pour la jeunesse et de romans d’horreur. Primée plusieurs fois, elle a également été scénariste pour la BBC et certaines de ses œuvres ont été adaptées pour le petit écran. Si la série Torchwood vous dit quelque chose, ou plus récemment la minisérie Mon amie Adèle diffusée sur Netflix, sachez que c’est elle qui en est à l’origine.
Au-delà de ça, j’ai trouvé dans ses textes une plume particulière sachant manier avec art imagination et psychologie des personnages.

Des couvertures de livres à tomber par terre

Bien que le dicton soit vrai (« on ne doit pas juger un livre à sa couverture »), il faut avouer qu’on le fait quand même. Au moins pour enclencher son choix. Une couverture qui brille ou qui est douce au toucher, un beau visuel intrigant, attirera bien plus mon attention qu’une couverture digne d’un graphiste amateur avec des couleurs criardes et une typologie illisible. C’est un peu comme dans la vraie vie en fait. On aime sa moitié pour ce qu’elle est au fond d’elle, pour sa beauté intérieure avant tout. Mais ne nous leurrons pas : l’amour physique est intimement lié à l’amour de l’âme et sans désir, la relation est vouée à l’échec. Heureusement, la beauté est subjective et le choix est vaste.

Enfin, bref. Je suis convaincue que choisir sa maison d’édition passe aussi par choisir l’esthétisme que l’on veut retrouver sur notre œuvre qui nous a pris des mois de travail. Concernant Sarah Pinborough, le problème ne s’est pas posé : les volumes que je possède sont issus de la collection Milady des Editions Bragelonne qu’on ne présente plus. Je dois dire qu’ils ont mis le paquet pour cette traduction et les deux couvertures rigides qui en résultent sont juste incontournables. Bleues (ma couleur préférée !), brillantes, identifiant immédiatement le ton de l’histoire. Avec en prime le détail qui tue pour La Maison des Morts : les tranches de pages noircies. Lorsque je suis tombée sur ces livres au détour d’un rayon, j’ai été incapable de résister à leur appel.

Bien entendu, les 4ème de couverture ont validé mon choix : des contes revisités pour l’un, de la dystopie pour l’autre. La couverture d’un roman peut très bien être époustouflante, je n’achète pas le livre si le résumé ne me plait pas.

Poison, Charme, Beauté, la trilogie de contes

Vous connaissez par cœur l’histoire de Blanche Neige, Cendrillon et la Belle au Bois Dormant ? Vous en avez soupé de ces histoires mièvres que l’on vous répète depuis l’enfance ? Cette trilogie est faite pour vous !
On se rapproche ici des origines des contes qui, quand on creuse un peu, ne sont pas vraiment pour les enfants. Il y a souvent un double sens derrière ces récits fantastiques. Ce n’est pas pour rien que Walt Disney ait dû épurer les scénarios pour réaliser des dessins animés grand public. Vous imaginez raconter à votre fille qu’en réalité Aurore a été violée dans son sommeil par le beau Prince Charmant ?

Enfin, le fait est que Sarah Pinborough a pris le parti de revisiter ces trois contes en y croisant d’autres avec un petit côté subversif en plus et c’est jouissif.
L’univers est bien celui des contes, la façon de narrer également. On y retrouve les jeux de pouvoir des rois et reines, la magie, l’aspiration de vivre le grand amour, les mises à l’épreuve de rigueur… Mais aussi la jalousie, la passion, le sang, le sexe. Oui oui vous avez bien lu, si vous plongez dans l’univers de Sarah Pinborough, oubliez les relations platoniques entre princes et princesses. Oubliez vos préférences pour tel ou tel personnage. Celui ou celle que vous aimez au début de l’histoire pourrait moins trouver grâce à vos yeux ensuite et vice versa. Dans ces contes-là, le prince est charmant jusqu’à un certain point et la princesse n’est pas si pure et docile que prévu. Les héros sont loin d’être lisses et la tournure des évènements pas toujours celle que l’on attend.

En outre, j’ai eu l’impression de me retrouver devant la série Once Upon A Time, à m’amuser à deviner quels personnages j’allais croiser et de quelle manière l’auteure s’était attribuée leurs histoires. Lire les trois tomes à la suite permet de voir que tout s’imbrique, que tout est pensé pour faire résonance. En revanche, ne cherchez pas non plus un sens à tout. Il s’agit ici de conte et comme tout conte digne de ce nom, une part d’inconnu subsiste après le mot « fin ». Certains lecteurs ne partant pas de ce postulat pourraient être frustrés. Moi-même, je peste souvent quand un auteur ne va pas au bout des choses et pourtant j’ai complètement adhéré !
Peut-être parce que je suis bon public pour les contes que j’ai toujours beaucoup aimés, surement parce que l’écriture est belle et précise. Le sens du détail est digne des légendes. Tout est là mais d’un point de vue bien différent. Selon moi, le décor des contes de fées sert surtout de toile de fond pour décrire des rouages encore plus fascinants : celui de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus cruel.

La Maison des Morts

Là encore, de la couverture au texte, c’est un livre magnifique qui nous pousse dans nos retranchements.
Dès le début, le décor est planté : une maison de condamnés à mort, sur une île isolée des vivants. Une antichambre de l’enfer où une maladie terrible et incurable attend de frapper des jeunes adolescents enlevés à leur famille car diagnostiqués porteurs d’un gène défaillant. Tous âgés de moins de 18 ans. Tous vivant dans l’attente d’une agonie qu’ils savent monstrueuse d’autant qu’elle se déclenche sans prévenir, de différentes manières mais sans oublier aucun d’entre eux.

L’histoire ne nous donnera pas plus de détails sur le pourquoi du comment. On sait juste que pour la sécurité de tous, ils sont mis en quarantaine avant de finir emportés au sanatorium et ne plus jamais revenir. L’auteure nous met dans la même position que le héros Toby : enfermé dans la maison sans d’autre choix que de voir venir la mort de son entourage et la sienne. Passé la frustration, on comprend que là encore Sarah Pinborough s’attache avant tout à peindre la nature humaine. Et elle n’y va pas de main morte pour évoquer le sort inéluctable de Toby et ses compagnons. On va très loin dans les actes : perte de virginité, euthanasie, suicide. Très juste psychologiquement, le récit nous accroche à Toby, forcé de grandir plus vite que prévu parce qu’il ne vieillira jamais. C’est une réflexion sur la mort et sur la façon de s’en rapprocher, de vivre les minutes qui restent alors que nous sommes tous en sursis quelle que soit notre situation. Des émois amoureux à l’amour pour toujours, les interactions de groupe face à la fatalité, l’abandon, le deuil de l’avenir, le besoin de déni… Sarah Pinborough amène intelligemment chacune des réactions possibles, chaque sentiment humain.

C’est beau et glaçant. C’est subtil. Cela nous remue les entrailles (parce que merde ce sont des enfants qu’on mène au couloir de la mort !), ça nous révolte… On espère, on cherche des indices… Puis l’autrice nous contraint à accepter le sort funeste du héros.
Pour moi, ce roman ne peut pas se résumer à du simple Young Adult, c’est bien plus que cela. C’est une claque.

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