genre littéraire SFFF explication

Littérature de l’imaginaire : qu’est-ce que la SFFF ?

Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, vécu et rêvé avec lui.

Carlos Ruiz Zafon

Vous le savez, la concurrence est rude dans le monde du livre. Il y a tellement de sorties littéraires par jour, tellement d’auteurs autoédités ou en maison d’édition, que les distributeurs ont de plus en plus besoin de catégoriser les histoires. C’est une façon de guider les lecteurs au mieux. On voit ainsi fleurir tout un tas de genres et sous-genres de littérature, et le domaine de l’imaginaire n’est pas en reste avec sa fameuse SFFF (Science Fiction Fantasy Fantastique).

Littérature de l’imaginaire SFFF – SOMMAIRE

La science fiction

La science-fiction repose sur des spéculations de l’auteur offrant l’aperçu d’un monde futuriste. On y découvre des dispositifs qui paraissent extraordinaires mais qui ont une explication mécanique et scientifique. Ce type de récit met en avant une technologie avancée et se passe souvent dans l’espace (bien que ce ne soit pas une condition du genre). C’est assez difficile de déterminer ce qui est de la pure science-fiction, cette dernière étant imbriquée avec d’autres sous-genres tels que :

  • Le space opera qui se passe sur plusieurs planètes
  • Le cyberpunk qui intègre la robotique et le réseau Internet
  • Le steampunk qui se déroule a l’âge de la vapeur
  • La dystopie qui est une contre-utopie où le groupe prime sur l’individu
  • L’uchronie qui réinvente notre monde actuel en modifiant un important événement historique
  • Le roman d’anticipation
  • Le post apocalyptique suite à une ère glaciaire, un virus, une guerre nucléaire, une invasion extraterrestre, une prise de pouvoir de l’Intelligence Artificielle…

Côté romans, nous avons par exemple l’indétrônable La Nuit des Temps de Barjavel, Je suis une légende de Richard Matheson, la saga Hunger Games de Suzanne Collins, la duologie The Book of Ivy d’Amy Engel, etc.
Côté cinéma, La planète des singes, Avatar, Bienvenue à Gattaca, Matrix

Et puis, il y a Star Wars me direz-vous. Eh bien, c’est là que ça se corse. Dans cette saga, il y a aussi de la magie et la quête du bien contre le mal. On se rapproche donc de la fantasy.

La fantasy

La fantasy est par définition un monde complètement imaginaire avec une prédominance de la magie ou de l’alchimie. On y rencontre des créatures surnaturelles : dragons, hydres, monstres marins, griffons, licornes, fées, lutins, gobelins, ogres, magiciens, sorcières, satyres, démons, divinités… Toute une mythologie est reprise dans une ambiance, soit de conte de fées, soit de quête chevaleresque.
Le schéma est sensiblement le même selon les récits : un héros, un guide spirituel, une quête et l’enjeu de sauver le monde. L’opposition entre le bien et le mal est très marquée, comme celle entre ville et campagne. On y trouve des lieux symboliques, servant parfois de passage d’un monde à un autre ; les plus connus étant le fond d’une armoire, un cercle de pierres, des miroirs… La géographie n’est pas celle que l’on connait et les noms ont le plus souvent une consonance exotique. D’autre part, ce type de récit se passe, dans la majorité des cas, dans un monde au mode de vie médiéval.

Bien entendu, tout comme la science-fiction, la fantasy se divise en plusieurs sous-genres dont les plus répandus sont :

  • La fantasy arthurienne qui évoque les grands mythes de Bretagne avec le culte druidique.
  • L’epic fantasy aussi appelée heroic fantasy où le protagoniste est un guerrier solitaire.
  • La fantasy animalière.

Comme exemple, je ne peux que vous citer les mythiques Game of Thrones, Le Seigneur des Anneaux, Les Chroniques de Shannara, Le concile de Merlin et la saga française La Passe Miroir. En littérature, la fantasy se présente sous forme de cycles de plusieurs tomes à la longueur assez conséquente. Il est très rare de tomber sur un one shot.
Notez également que le mouvement littéraire de la fantasy, les jeux de plateau et les jeux de rôle proviennent du même engouement autour de ces thèmes.

Le fantastique ou urban fantasy

Abordons maintenant le cas très particulier du fantastique. Aux Etats Unis, le distinguo ne se fait pas entre fantasy et fantastique, contrairement à chez nous où on parle de fantasy et d’urban fantasy.

Le fantastique dépeint un monde contemporain dans lequel des éléments surnaturels interviennent. On entend par là, un ou des événements inexpliqués qui font hésiter le protagoniste. Incertitude et étonnement sont au rendez-vous, on cherche une explication logique… en vain. Le surnaturel est caché et révélé seulement à une poignée d’élus.
Il peut y avoir des polars fantastiques ou des romances fantastiques, la bit-lit restant cependant le sous-genre le plus représenté. C’est une littérature qui rend « à crocs » aux histoires de vampires, sorcières et loup-garou vivant à nos côtés. Parfois, on y intègre même des zombies et des anges.

Mais cette catégorisation a ses limites quand l’histoire se trouve à la croisée des genres.
Prenons l’exemple du roman Captive de Sang de Stéphanie Roselière (est-ce que mon choix est orienté ? si peu…) : nous avons des vampires qui ne sont pas le fruit d’un virus ou d’une expérience scientifique. Le monde est contemporain, le récit se passe en France et aucune magie n’intervient. Il s’agit donc d’un roman fantastique, de la bit-lit même.
Cependant, l’histoire laisse apparaitre un complot de type thriller avec en fil rouge une romance qui se dessine entre deux personnages. On peut donc aussi le classer comme une romance fantastique.
Or, ce mélange de genres peut provoquer une déception pour les puristes qui aiment lire la pure romance ou pour les lecteurs qui préfèrent la bit-lit comprenant tout le panel des créatures surnaturelles. D’un autre côté, celui qui aime varier les plaisirs pourrait être emballé par la tournure de l’histoire. Tout n’est pas figé mais cela reste compliqué.

Astuce : la théorie du chat qui parle

Certes, je vous ai donné les grandes lignes de la SFFF, mais j’avoue que j’ai moi-même tendance à m’y perdre. En cas de doute, je me réfère alors à la fameuse théorie du chat qui parle. Si vous rencontrez dans un roman, un animal sur pattes doué de parole, déterminez alors à quel cas il appartient :

  • Si tous les chats parlent, et que c’est normal, on a affaire à de la fantasy
  • Si le chat est unique et parle à cause d’une manipulation scientifique, on nage en pleine science-fiction.  
  • Si c’est le seul chat qui parle mais que l’on n’en trouve pas l’explication, c’est du fantastique.

[SOURCE : article écrit en grande partie grâce aux informations très précises d’un podcast de l’Institut des Carrières Littéraires).]

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